La transition écologique tue.

Brice Schwartz

La transition écologique tue.

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Cette affirmation vous surprend sans doute, peut-être même qu’elle vous choque. Elle n’est pourtant pas racoleuse mais fondée, c’est d’ailleurs la punchline du livre « Appel à la Guérilla Mondiale » de Nicolas Hazard.

Je n’ai jamais fait de résumé de livres. Enfin, pas depuis que je devais faire des fiches de lectures au primaire.

Mais j’ai découvert récemment que résumer les livres lus permet de mieux s’en souvenir. Parce qu’au fond, à quoi bon avaler les meilleurs ouvrages si c’est pour les oublier dans l’année ? Et puis, certains livres portent des messages qui doivent toucher une audience plus large que leurs seuls lecteurs.

Celui-ci en fait partie.

Je suis parfaitement en phases avec les arguments défendus, c’est pourquoi je ne peux qu’en faire l’éloge. Les idées évoquées ci-dessous sont donc principalement issues du bouquin, elles sont parfois complétées par mes commentaires, exemples et interprétations.

Il meurt plus de personnes en une journée à cause de la pollution de l’air, du paludisme, du sida que lors de tous les attentats terroristes en Europe ces dernières décennies. Toutes ces causes de mortalité ont un point commun : elles ne relèvent pas de la fatalité, mais de l’incurie, d’un refus de changer de modèle.

Ce modèle, je ne crois plus qu’on le changera d’en haut, à la suite d’une énième conférence au sommet où tous les intérêts convergeraient par miracle. La guérilla, c’est au contraire agir pour changer la société par en bas. C’est la viralité de la bonne solution, au bon niveau, au bon moment. Si elle se met en marche, rien n’y résistera.

Nicolas Hazard, « Appel à la guérilla mondiale », p.157

Le constat de la crise majeure dans laquelle nous entrons

Tout nous destine à entrer dans une ère des plus difficiles. L’effondrement est-il imminent ?

D’abord, l’accroissement des inégalités rend les crises sociales toujours plus violentes dans le monde entier.

Ensuite, l’augmentation exponentielle de la pollution des sols, de l’air, de l’eau, des aliments et de tout notre environnement tue beaucoup plus que le terrorisme. Des millions de personnes en meurent déjà. Pourtant, les médias donnent plus de visibilité à la violence armée qu’à cette mort invisible.

Puis, il y a la crise politique : l’abstention grandissante et la fuite vers l’extrême droite démontrent un rejet du système politique, en particulier des individus qui le composent. Depuis trop longtemps, les citoyens assistent impuissants à des dérives en tous genres, une inaction climatique suicidaire, des abus de pouvoir, des décisions prises sans leur consentement et surtout des crimes qui restent impunis.

La biodiversité se meurt, mais attention : la planète ne meurt pas, c’est la vie qu’elle abrite qui périt. Si rien ne change, l’humanité est condamnée à court-terme.

Enfin et surtout, il y a le capitalisme. Le problème n’est pas tant ce système en tant que tel, ce sont ses dérives, qui poussent à la croissance à tout prix. Mais comment atteindre la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées ? La difficile vérité est que le capitalisme détruit la planète pour enrichir les privilégiés. Mais ne vous méprenez pas, les privilégiés ne sont pas forcément les milliardaires, ni même les millionnaires… en occident, nous sommes pratiquement tous concernés. Si toute l’humanité consommait comme moi, nous aurions besoin de 2,5 planètes terre par an selon Global Footprint Network !

L’effondrement de notre civilisation a de fortes chances de se produire et de terminer comme la civilisation romaine, maya ou inca. Le point commun de leur extinction ? Un épuisement de leurs ressources et des inégalités démesurées entre les plus aisés et les plus défavorisés.

Mais tout n’est pas perdu. La transition écologique va nous sauver !

Vraiment ? Et s’il s’agissait encore d’une énorme arnaque ? C’est la thèse que défend Nicolas Hazard et je ne peux que la soutenir.

L’immense mensonge de la transition écologique : une transition vers quoi ?

La transition écologique est partout. C’est une bonne nouvelle, non ? Nous sommes en route vers… vers quoi, exactement ? Quels sont les objectifs ? Ceux qui ne sont jamais atteints par les états ? Pour rappel, la France est très en retard sur la réduction de son empreinte carbone prévue par la COP21 pour 2020.

Nicolas Hazard évoque avec justesse la patate chaude que représente la transition écologique : comment les gouvernants pourraient-ils prévoir des actes forts qui n’auraient d’impact que bien après leur mandat, bien après leur vie même ?

Chaque gouvernement agit pour ses objectifs à court voire moyen-terme. Les générations futures sont toujours sacrifiées. Heureusement, les millenials, génération Y et Z ont pris conscience du véritable enjeu du XXIème : empêcher l’extinction de l’espèce humaine et de la biodiversité.

Mais ce n’est pas via une hypothétique transition que cela doit passer. C’est par la radicalité.

La radicalité a permis d’anéantir presque entièrement l’esclavage, malgré le business incroyable qu’il générait. La radicalité a permis au plan Marshall de sauver l’économie européenne en 1947. La radicalité nous permettra de survivre au dérèglement climatique et aux ténèbres qui ont déjà commencé à naître de nos actes égoïstes, cupides et auto-destructeurs.

Face à l’enjeu climatique, les petits pas ne suffisent pas. Ils ne servent qu’à légitimer les responsables : une compagnie pétrolière internationale qui finance des projets écologiques devrait-elle bénéficier d’un gain d’image, de subventions et de notre respect ?

Là est toute la question. Pire encore, le greenwashing fait croire à une mobilisation des entreprises, alors que le seul but de celles qui le pratiquent est de redorer une image en berne.

Les changements de paradigmes qui ont de l’impact

Heureusement, tout n’est pas (encore) perdu. Les solutions ne manquent pas et chacun peut s’y investir.

Entre l’agroécologie, le bio, la finance verte, la mobilisation citoyenne sur Internet et dans la rue, le boycott, l’engagement politique, l’entrepreneuriat à impact et les petits actes du quotidien, les moyens d’agir ne manquent pas.

Tout le reste n’est qu’excuse. Ne pas agir, c’est soit ne pas comprendre la situation du monde, soit refuser de la comprendre. Si le premier cas est à peine excusable, le second est condamnable.

L’entrepreneuriat à impact, social ou solidaire est-il une solution miracle ? Il redonne en tout cas confiance dans la possibilité d’allier capitalisme, éthique et responsabilité. L’Economie Sociale et Solidaire est un écosystème qui redonne espoir dans ce système que l’on croyait irrécupérable.

Les entrepreneurs à impact misent souvent sur le local pour redonner du sens à nos activités, devenues parfois totalement abjectes (les fraises disponibles partout en hiver en sont un exemple parmi une quasi-infinité d’autres).

Pour « sauver le monde », il faut changer de paradigme.

L’action individuelle contre l’inaction des puissants : entrons en guérilla

L’immense majorité de la pollution et émissions de gaz à effets de serre provient des entreprises. 100 entreprises seraient responsables de 71 % de ces dernières selon Carbon Disclosure Project. Autre ordre de grandeur vertigineux : 200 navires de croisière polluent autant que toute les voitures européennes en un an.

Alors ce n’est pas le fait de prendre votre vélo qui changera quoi que ce soit : c’est un début, nécessaire mais très largement insuffisant au même titre que le zéro déchet, le recyclage ou le boycott des marques comme Primark, McDonald’s ou Volkswagen. Il faut aller bien plus loin que la seule satisfaction de notre égo.

Nous avons tous le pouvoir (si ce n’est le devoir) d’entrer dans cette guérilla mondiale. Nous sommes des milliards et même si le pouvoir n’agit pas ou en tout cas pas assez vite, nous pouvons le faire à notre échelle.

Un(e) seul(e) d’entre nous ne changera pas le monde, mais en s’unissant sous les mêmes bannières, nous pouvons encore éviter le pire à nos enfants et aux leurs.

Il est sans doute déjà trop tard, mais nous pouvons encore limiter les dégâts.

Ce sont les thèses de l’auteur, mais j’en partage la majorité.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Nicolas Hazard, il est le fondateur d’INCO, un fond d’investissement pour entrepreneurs à impact positif. Ce « catalyseur des startups green et sociales » accompagne chaque année à travers le monde 500 entreprises à fort potentiel et à impact positif sur la planète et l’humanité.

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J’écris sur le marketing, le copywriting, le content marketing, la société, le freelancing, l’entrepreneuriat et un brin de développement personnel. Bref, pas mal de sujets, mais tous liés entre eux. 

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Une réponse

  1. Maxence dit :

    Merci pour ce partage !
    Effectivement, il est temps de s’unir pour dépasser les actes individuels, s’associer pour faire advenir une société plus juste et plus durable.
    N’oublions pas que l’équivalent professionnel de la « Guérilla » est de mettre ses talents au service d’une entreprise / association qui travaille à changer un bout du monde.
    Nous sommes celles et ceux que nous attendons.
    Allons donc piquer des parts de marchés aux grosses multinationales irresponsables et mettons les entreprises au service des Vivants (et non de leur propres intérêts, insatiables)

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