Le Slow Freelancing, l’indépendance au service d’une vie heureuse

Le Slow Freelancing, l’indépendance au service d’une vie heureuse

Slow freelancing

Voilà un moment que je suis sorti de la course à la croissance effrénée dopée au développement personnel, à l’hyperproductivité et à la culpabilisation. Le Slow Freelancing est ma réponse.

Bien sûr, je ne me suis pas réveillé un matin avec cette idée. C’est l’aboutissement d’un long chemin et de plusieurs années d’indépendance. J’ai testé pas mal de choses avant d’en arriver là.

Le Slow Freelancing est aussi la preuve que les fainéants sont souvent plus productifs que les autres. La preuve : je n’aime pas travailler, du coup je le fais plus vite, plus efficacement et mieux que certains.

Il n’y a aucune honte à procrastiner, à être paresseux ou à vouloir toujours tout faire vite fait, bien fait : au contraire, en y mettant du coeur et de la méthode, c’est la voie royale.

Je ne dis pas que ce n’est pas utile de se tuer à la tâche et de viser la lune, je dis juste qu’il n’y a aucun mal à ne pas vouloir cette vie et à créer ses propres idéaux.

Pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas envie de devenir des robots au service du capitalisme, des ressources humaines aliénées et des bons petits soldats, il y a une alternative.

Cette alternative est bien plus saine, tant pour soi, que pour la société et la planète.

Le Slow Freelancing comme mode de travail est un OVNI dans notre société actuelle.

En voici ma vision.

Le Slow Freelancing, mode de travail à contre-courant du monde professionnel 👊

La « growth » est partout, à tel point qu’il devient difficile de considérer qu’on peut être freelance à succès sans afficher une croissance à 2 chiffres.

Chaque jour sur LinkedIn, Instagram ou YouTube, les freelances sont incités à travailler toujours plus, à acquérir toujours plus de clients, à générer toujours plus de chiffre d’affaires.

Dans la plupart des webinars, des conférences et des événements, on nous parle de hacks, de raccourcis et de stratégies en béton pour construire son empire en freelance.

Or, à une époque où tout s’accélère, il est bon de ralentir.

En ces temps où règnent la pression du résultat, le stress et la peur de ne pas être la hauteur, il est temps, justement, de prendre de la hauteur pour mieux définir notre rythme de croisière idéal.

Être indépendant, ce n’est pas comme avoir une entreprise classique, avec d’importantes charges, des salaires à payer et des obligations de résultat fortes. Pire, viser l’hypercroissance en freelance, c’est courir au burn-out.

Inutile de vouloir manger le monde quand on est à son compte. Souvent, les raisons qui nous poussent à viser les étoiles sont mauvaises : égo démesuré, peur du manque d’argent, vide émotionnel, ou encore appât du gain.

L’essentiel n’est pas là, et après plusieurs années de travail acharné, certains indépendants en paient le prix. Plus tôt on réalise que la croissance n’est pas aussi importante qu’on nous le martèle, mieux c’est. Pourquoi ?

👉 Parce qu’avant tout, nous ne recherchons pas tous la même chose dans la vie de freelance. Il y en a qui cherchent la liberté et l’indépendance, certains qui veulent gagner un maximum d’argent, d’autres encore qui souhaitent travailler moins pour plus profiter de la vie.

👉 Ensuite, parce que la culture de la croissance à tout prix n’est qu’une construction socio-économique. Rationnellement, pourquoi vouloir toujours plus de biens matériels, plus de capital, plus de leads, juste toujours plus ? Le plus important est d’apprendre à se contenter de ce que l’on a et de le chérir, tout en avançant tranquillement dans la vie (avec une croissance de son activité ou non).

👉 Et puis, la vie de freelance, c’est justement la liberté, la possibilité de vivre à son rythme, en fixant ses propres règles et étant maître à bord. Rares sont les indépendants qui adorent tellement leur métier qu’ils seraient prêts à continuer de l’exercer même si cela ne leur rapportait pas d’argent. La plupart d’entre nous veulent juste avoir un métier qui nous plaît au moins un peu, et vivre confortablement et dans le bonheur.

Qu’est-ce que le Slow Freelancing ? 🔎

Lassé d’entendre, de lire et de voir partout des incitations à l’hyperproductivité et au « hard work », j’ai testé une autre approche du freelancing : le Slow Freelancing.

L’idée ?

🎯 Travailler moins (mais plus intelligemment)
🎯 Gagner plus (ou au moins la même chose)
🎯 Choisir chaque aspect de la vie de freelance (en se laissant imposer le moins de contraintes possible).

Concrètement, après 4 ans de freelancing, j’ai multiplié mes tarifs par 3 environ et je travaille environ 5 heures par jour (dont 3-4h de production et 1-2h de gestion : emails, messages, appels, visios, création de contenu perso, suivi client, etc.).

Bien sûr, cela implique que le Slow Freelancing n’est pas fait pour les freelances qui se lancent…

Ah bon ? Vraiment ?

En réalité, même si l’échelle change, c’est tout à fait applicable.

Le Slow Freelancing n’est pas réservé aux profils les plus expérimentés

Déjà, on peut choisir de se lancer « au bon moment » : lorsque papa-maman ou l’Etat financent la vie étudiante, lorsqu’on bénéficie du chômage, lorsqu’on est au RSA, ou tout simplement si on vit chez ses parents ou que l’on est propriétaire avec peu de charges.

L’idée est simple mais tabou : la base du freelancing (comme de l’entrepreneuriat d’ailleurs), c’est l’argent. Sans argent pour financer les dépenses courantes (loyer, nourriture, emprunts, loisirs, etc.), impossible de continuer.

L’avantage, c’est qu’une fois qu’on a atteint un certain palier, que ce soit par le freelancing ou par une autre source de revenus, on peut se permettre beaucoup plus de choses, notamment travailler moins.

Alors que vous soyez jeune freelance ou indépendant(e) depuis 10 ans, vous pouvez opter pour le slow freelancing du moment que vous gagnez assez pour assurer vos charges fixes.

Autre point, même si vous débutez, vous pouvez commencer à intégrer certaines règles clés du Slow Freelancing :

→ Ne jamais se brader, même quand on s’inquiète pour la fin du mois
→ Accepter de travailler parfois le weekend ou le soir selon le volume de travail
→ Avoir confiance en soi (personnellement et professionnellement)
→ Oser accepter des missions sur des sujets nouveaux
→ Se former en permanence pour exceller dans son domaine
→ Travailler à fond son personal branding pour être reconnu(e) comme expert(e)
→ Participer à des événements gratuits, collaborer bénévolement sur des contenus et autres moyens de se faire connaître rapidement
→ Développer au maximum son réseau (et le solliciter), se connecter à son secteur et ne pas hésiter à « être partout »

Toutes ces règles permettent d’atteindre les grands enjeux du Slow Freelancing : Prendre son temps, trouver son rythme et profiter.

Prendre du temps pour soi, avancer à son rythme et profiter de chaque instant

En freelance, la retraite n’est pas un idéal : les plus optimistes espèrent en avoir une petite, les plus réalistes savent que rien n’est sûr pour nos vieux jours.

C’est pourquoi il faut profiter des avantages de l’indépendance pour profiter de la vie sans attendre un hypothétique moment futur. Si on ne prend pas soin de notre santé à 25 ans, qu’on ne profite pas à 30 et qu’on n’apprécie pas le chemin à 35, alors quand ?

Autre point important à mes yeux, le rythme. Que ce soit le rythme de la vie quotidienne (sommeil, concentration, productivité, etc.) ou le rythme dans la vie à plus vaste échelle (ambitions, projets, etc.), chacun est différent.

En ce sens, s’adapter à notre rythme nous permet de nous épanouir bien davantage, d’être en meilleure santé et – car cela reste central dans le freelancing – d’être plus productif.

Bref, le Slow Freelancing est la meilleure voie pour vivre enfin selon nos besoins et nos désirs. Bien sûr, l’indépendance n’est pas faite pour tout le monde, mais en tout cas, elle est une alternative solide aux chemins traditionnels.

Ralentir pour l’écologie, l’environnement et le climat

Ralentir dans notre activité freelance, c’est aussi se mettre en cohérence avec la nécessité globale de ralentir dans nos vies et dans notre société. Je suis militant pour l’écologie et le climat, j’ai même créé un podcast le sujet : Le Poing Résistance Ecologique. Il est disponible sur toutes les plateformes. Tout est donc lié : le Slow Freelancing est intimement connecté avec l’écologie.

La croissance économique est couplée à une croissance des émissions de gaz à effet de serre, à différentes échelles selon l’activité. C’est un principe général parfaitement théorisé au travers de l’équation de Kaya.

Avec le Slow Freelancing, on consomme moins, notre pollution numérique diminue, on oublie la folie consumériste et on adopte un mode de vie plus simple, plus durable, plus sobre.

Tout le monde y gagne.

Travailler seulement lorsqu’on est le plus productif pour gagner un temps phénoménal 🕰

Pour travailler moins, tout en pouvant souvent gagner plus et en choisissant mieux vos clients, il faut pouvoir optimiser votre temps de travail. Je déteste la notion d’optimisation, qui est très liée à cette culture de la « growth », mais pour le coup, la gestion du temps est un point essentiel du Slow Freelancing.

🤔 Vous connaissez la période difficile du début d’après-midi, après le repas, où vous travaillez en somnolant ? Moi pas, parce que je ne travaille que lorsque je suis en forme et motivé (dans la limite de mes deadlines, bien entendu). Si je suis crevé, que je n’ai pas envie de m’y mettre ou que je procrastine, je ne me force pas à travailler.

🤔 Vous avez parfois du mal à vous lever tôt pour travailler et du coup, vous êtes fatigué(e) ? Moi pas, je dors toujours environ 8-9h pour être au top, et franchement ça change la vie. Le sommeil est complètement sous-estimé, vraiment.

🤔 Vous passez du temps à scroller vos réseaux sociaux, à parler à vos amis ou à faire autre chose au lieu d’être efficace sur vos heures de travail ? Moi pas, je pratique le deep work par blocs de 1-2h pour pouvoir boucler mes projets rapidement, en restant concentré et sans distraction. Exemple : j’ai un article de 1000 mots à produire. Plutôt que de passer une demi-journée dessus, je vais me lever à 9h, travailler dessus de 10h à midi, puis faire une grande pause jusqu’à environ 15h.

Contrairement aux apparences, il n’y a aucun jugement ici… c’est juste une manière un peu rentre-dedans pour comparer ma vision du travail, le Slow Freelancing, et la manière de travailler de beaucoup de freelances.

Le Slow Freelancing, c’est donc travailler moins, mais être plus efficace. On peut ainsi accomplir plus, et donc gagner plus. C’est là tout le paradoxe : la croissance économique et financière devient naturelle, organique, alors que l’on réduit les efforts. Au contraire, chercher la croissance en s’épuisant au travail a souvent un effet contre-productif (en plus d’être une stratégie tout sauf pérenne).

Dans la lignée des autres concepts « Slow » 🐌

Jusqu’à récemment, on parlait partout de croissance à tout prix : Growth marketing, growth hacking, growth tout court… jusqu’où ?

De plus en plus, en opposition, de nouveaux concepts voient le jour, comme le mouvement des Slowpreneurs, la Slow Life, le Slow Content, la Slow Growth et le Slow Freelancing.

➡️ Les Slowpreneurs sont des entrepreneurs qui prennent leur temps et avancent à leur rythme, en accord avec leur équilibre de vie.

➡️ La Slow Life, c’est sans doute le point de départ de tout ça. Pour reprendre la définition officielle : « Le mouvement Slow a été initié dans les années 80 en réponse à l’accélération globale. Il invite à ralentir en douceur pour apprécier les moments simples et prendre le temps de vivre. C’est une véritable philosophie de vie qui consiste à vivre en conscience, bien ancré dans le présent. La Slow life s’appuie sur les valeurs fondamentales que sont l’authenticité, le respect, l’amour, le partage, la nature.« 

➡️ Le Slow Content, c’est la création et de la diffusion d’un contenu exceptionnel de temps en temps, sans forcément vouloir être présent partout, tout le temps. J’en parle en détail dans un épisode du podcast The Storyline avec Noémie Kempf.

➡️ La Slow Growth, c’est un concept de Matt D’Avella, qui a pas mal de choses en commun avec les autres concepts « Slow ». L’idée est de grandir et de faire grandir son business à son rythme, sans pression, mais de manière durable.

➡️ Et enfin le Slow Freelancing, c’est tout simplement les mêmes principes que tout le reste, mais appliqués au freelancing exclusivement. On avance tranquillement, on prend du temps pour soi, on reste loin du surmenage et on kiffe le quotidien, tout simplement. Le tout, en vivant confortablement. Bien sûr, ce concept s’inspire beaucoup des autres, puisque par exemple en tant que freelance « slow », je reprends un peu le modèle des slowpreneurs dans leur développement, et vu que je suis créateur de contenu, j’ai moi aussi adopté pour moi comme pour certains clients le Slow Content.

Le contexte actuel favorise ces nouveaux prismes, avec la crise et toutes ses remises en question. Le monde d’après sera moins aveuglement attiré par la croissance à tout prix, ou ne sera pas.

Sans forcément parler de décroissance (cette notion est trop souvent mal comprise et trop connotée), on peut prendre du recul pour s’interroger sur le « pourquoi » de nos activités quotidiennes. Mais pour cela, il n’y a qu’une seule solution : ralentir.

Chaque semaine, je parle de Slow Freelancing, mais aussi de marketing, de copywriting ou encore de résistance écologique dans ma newsletter : Ralentissons.

On s’y retrouve lundi ?

4 réponses

  1. Salut Brice,
    C’est un sujet fondamental que tu traites ici, bravo ! Et tu fais bien de rappeler les fondamentaux du mouvement Slow ainsi que toutes ces déclinaisons.
    Il est essentiel d’apprendre à ralentir et à prendre conscience des vies de fou que nos sociétés occidentales nous font vivre, ce qui est aussi dangereux pour chacun d’entre nous (stress, burnout, dépression…) que pour la planète (sur-consommation, sur-mobilité, etc. avec tous les enjeux écologiques que cela génère).
    Bref, vivre en pleine conscience, de manière simple mais épanouie est la clé pour être plus heureux et sauver ce qui peut l’être de l’environnement.
    Pour ma part, c’est la lecture du livre « Eloge de la lenteur » de Carl Honoré qui m’a sensibilisé à ces sujets. Depuis 18 mois, je m’efforce de ralentir, sachant que je pars de très loin ! Cela fait 17 ans que je travaille dans le Digital, dont 12 en tant qu’entrepreneur (agence e-commerce puis startup de marketing web) donc autant te dire que les semaines de fou et le manque de sommeil, je sais de quoi je parle 😉
    Aujourd’hui, je me place dans une philosophie de Slowpreneuriat dans le monde de l’impact et je profite au quotidien avec mes 2 filles de la super qualité de vie de Montréal, où je me suis installé en 2009 pour des raisons de… qualité de vie justement !

  2. Nicolas dit :

    Dans l’ensemble, je suis d’accord avec toi. Sauf que des fois, tu n’as pas d’autre choix que de trimer dur pour obtenir de quoi vivre et manger…

  3. Ness dit :

    Je te rejoins sur pas mal de point…
    Il faut aussi ajouter un petit truc à travailler (de soi à soi) la culpabilité de travailler moins et de vivre bien quand même. En tant que freelance j’ai parfois eu des remarques telles que « ah ben ça va, tu bosses pas trop toi! » – à la longue ça peut user…
    Mais sinon je valide complètement l’approche – même si j’admets mériter parfois la médaille d’honneur de la procrastination, mais j’y travaille (demain).

  4. Johnny dit :

    Je me retrouve vraiment la dedans en revanche j’ai débuté avec mon style de vie en générale et j’ai fini par l’adapter à ma façon de travailler. D’ailleurs, ça permet aussi de mieux négocier => « désolé, je suis complet en ce moment donc… »

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